PLATON – PERIODE INTERMEDIAIRE

 PLATON – PERIODE INTERMEDIAIRE

« Tous les hommes sont vertueux de la même manière, puisqu'ils le sont par la possession des mêmes choses.

II est évident, par conséquent, que ceux-là ne désirent pas le mal, puisqu'ils ne le connaissent pas comme tel ;

Mais qu'ils désirent ce qu'ils prennent pour un bien, et qui est réellement un mal.

De sorte que ceux qui ignorent qu'une chose est mauvaise,et qui la croient bonne, désirent manifestement le bien.

N'est-ce pas ? »

 - II y a toute apparence pour ceux-là.

Quant à Pindare et aux autres poètes, ils disent :

- « Que l'âme humaine est immortelle ;

Que tantôt, elle termine sa vie, ce qu'ils appellent mourir ;

Tantôt, elle la recommence, mais qu'elle ne périt jamais ;

Que, pour cette raison, il faut mener la vie la plus sainte qu'il est possible, parce que Prospérine rend au bout de neuf ans à la lumière du soleil l'âme de ceux qui lui ont satisfait par leurs anciennes actions.

De ces âmes se forment les rois illustres et célèbres par leur puissance et les hommes les plus fameux par leur sagesse, et dans les siècles suivants ils sont renommés auprès des mortels comme de saints héros. »

J’ajoute donc, Calliclès, une foi entière à ce discours, et je m’étudie à paraître devant le juge avec l’âme dans le meilleur état possible.

Aussi, méprisant ce que la plupart des hommes estiment, et ne visant qu’à la vérité, je ferai mes efforts pour vivre et pour mourir, lorsque le temps en sera venu, aussi vertueux qu’il dépendra de moi.

J’invite tous les hommes autant que je puis, à embrasser ce genre de vie et à s’exercer à ce combat, le meilleur, à mon avis, de tous ceux d’ici-bas.

Je vous reproche que vous ne serez pas en état de vous secourir vous-mêmes lorsqu’il faudra comparaître et subir le jugement ;

Mais que, quand vous serez en présence de votre juge, le fils d’Égine, et qu’il vous aura pris et amené devant son tribunal, vous ouvrirez la bouche toute grande, et vous aurez le vertige ni plus ni moins que moi devant le juges de cette ville.

On doit plutôt prendre garde de faire une injustice que d’en recevoir, et qu’avant toute chose il faut s’appliquer, non à paraître homme de bien, mais à l’âtre tant en public qu’en particulier ;

Qu’il faut fuir toute flatterie, et ne jamais faire usage de la rhétorique ni d’aucune profession qu’en vue de la justice.

Souffre d’être méprisé comme un insensé, que l’on t’insulte si l’on veut, et même laisse-toi frapper de grand cœur de cette manière qui te paraît si outrageante ;

Il ne t’en arrivera aucun mal, si tu es réellement homme de bien et adonné à la pratique de la vertu.


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